RHÉAUME, Manon

Naissance : 24 février 1972 à Lac-Beauport
Intronisastion : 2024
Discipline : Hockey
Catégorie : Athlète
 
Dans la vie, il y a des « avant » et des « après ». Pour le hockey féminin, c’est assurément Manon Rhéaume qui est le point de bascule pour le hockey féminin. Le 23 septembre 1992, le monde du sport a changé à jamais quand une femme a gardé les buts d’une équipe de la Ligue nationale de hockey. Manon Rhéaume venait de briser un épais plafond de verre en évoluant sur la glace.
 
Issue d’une famille de hockeyeurs de Lac-Beauport, elle a vite appris à patiner quand son père Pierre a construit lui-même une patinoire pour la communauté qui n’en avait pas. Si ses frères jouaient au hockey dans une ligue, elle en fut écartée parce qu’elle était une fille. Elle jouait pourtant avec les garçons dans des matchs d’entraînement ou encore dans les matchs de rue, toujours dans le rôle de gardienne de but. Mais le destin était de son côté. Lors d’un tournoi où l’équipe de Lac-Beauport était impliquée, un gardien de but manquait à l’appel. Forte de son expérience, la petite Manon, âgée de cinq ans, convainquit son père et entraîneur de la laisser jouer. Un élément détonnait dans son lourd équipement : ses patins blancs, seul signe distinctif qu’elle était une fille!
 
La machine s’était mise en marche. Déterminée, malgré l’opposition qui arrivait de partout, Manon a continué de jouer avec les garçons et s’est rendue jusqu’au niveau atome où elle a aidé son équipe à remporter le championnat en 1983. Une surprise l’attendait chez les pee-wee. Puisque le AA n’avait pas voulu d’elle, elle a joué en CC. Elle y brilla de tous ses feux, tant et si bien que son équipe termina première de la région et fut invitée au Tournoi International de Hockey Pee-wee de Québec. Elle y devint la première fille à y jouer depuis la fondation du tournoi 25 ans auparavant.
 
Le parcours de Manon se poursuivit au bantam AA jusqu’à ce qu’on se mette à dire qu’elle prenait la place des garçons qui voulaient progresser plus loin. Après un passage décevant au midget CC, elle passa bien près d’abandonner le hockey pour de bon. Mais pendant ce temps, le hockey féminin gagnait en notoriété et il était de plus en plus question de l’ajouter comme discipline olympique. Le projet séduisait Manon qui s’était déjà jointe à l’équipe féminine de Sherbrooke, malgré de longs déplacements quotidiens pour les entraînements et les matchs. Son équipe remporta le titre provincial et termina vice-championne nationale.
 
Elle s’est jointe à l’équipe nationale féminine et joua un rôle important dans la médaille d’or de 1992, tout en devenant parallèlement la première femme à jouer dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec les Draveurs de Trois-Rivières. Son passage y fut bref, mais ajouta à sa légende. Phil Esposito, alors président et directeur général du Lightning de Tampa Bay, l’invita à participer au camp d’entraînement. Elle survécut aux coupes et joua la première période du match présaison contre les Blues de Saint-Louis, devenant ainsi la première femme à jouer dans l’une des principales ligues sportives professionnelles au nord du continent!
 
Elle ne resta pas avec Tampa Bay, mais prit plutôt le chemin de la ligue internationale où elle a pris part à cinq saisons avec sept équipes différentes. Puis, ce fut la médaille d’argent des Jeux olympiques de Nagano en 1998, après les deux médailles d’or des championnats du monde de 1992 et 1994.
 
Après sa retraite de joueuse active, Manon Rhéaume a entre autres occupé le poste de coordonnatrice du programme féminin et d'entraîneure de l'équipe féminine des moins de 12 ans au sein du club de hockey AAA Little Caesars à Detroit. Mère de deux garçons, Dakota et Dylan, gardien avec le club d’Anglet en France, Manon Rhéaume a peut-être gardé les buts, mais elle en aura surtout donné un à d’innombrables futures joueuses.
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