Son aventure a débuté alors qu’il n’était âgé que de dix ans et faisait ses premiers combats sur les tatamis de son Japon natal. Son talent l’amena rapidement au réputé dojo Kodokan où il deviendra assistant-entraîneur quelques années plus tard. Ce fut l’occasion d’y rencontrer quelques judokas canadiens qui allaient s’y entraîner, attirés par la notoriété de l’endroit, dont Doug Rogers, médaillé d'argent aux Jeux olympiques de 1964. Mais c’est Terry Farnsworth qui alluma l’étincelle de son épopée canadienne, en lui suggérant d’aller au Canada où il manquait cruellement d’entraîneurs.
Après une carrière d’athlète intéressante à laquelle une blessure au dos a mis fin - il a raté de peu les championnats du monde de 1967 - il traversa le Pacifique l’année suivante. Il sillonna d’abord la côte ouest du continent américain, Los Angeles, San Francisco, Sacramento, monta vers Vancouver, puis s’aventura vers l’Est, Lethbridge, Chicago, New York et finit par atterrir à Montréal, en dépit des nombreuses mises en garde sur le grand froid qui y régnait!
Il y ouvrit son dojo, le Shidokan, grimpa les échelons un à un jusqu’à se retrouver entraîneur-chef de l’équipe canadienne de judo. Il y forma des athlètes de grand talent tels les Nicholas Gill, Kevin Doherty, Brad Farrow, Wayne Erdman, Rainer Fisher, Ewan Beaton, Jane Patterson, Marie-Hélène Chisolm et Louis Jani. Il a amené des judokas canadiens à 13 championnats mondiaux entre 1969 et 2007 et cinq Jeux olympiques à partir de Montréal en 1976, jusqu’à Athènes en 2004.
Parmi ces Olympiens, Nicolas Gill a certes été celui qui a eu le plus de succès avec une médaille de bronze et une d’argent. Au-delà de ces médailles, Nicolas a surtout trouvé en Hiroshi un mentor et un ami pour la vie.
L’un des cinq Canadiens à être Kudan, c’est-à-dire 9e dan au Canada, Hiroshi Nakamura a été et est encore un grand leader pour le judo au pays. Le judo a toujours fait partie de lui et coulera dans ses veines encore longtemps. Si aujourd’hui il n’accompagne plus les Olympiens aux abords des tatamis de compétition, il continue de former les athlètes du futur dans son dojo, tentant de leur instiller un peu de cette passion qui aura guidé sa vie.
Cet homme d’une grande humilité a été intronisé au Temple de la renommée de Judo Canada, à celui du comité olympique canadien, fait membre de l’Ordre du Canada, et récompensé de l’Ordre du sport menant à son introduction au Panthéon des sports du Canada.
Arigato gozaimasu, Sensei Nakamura.