Christine s’investit complètement dans ce sport qu’elle se met à aimer avec passion. Elle participe à sa première compétition canadienne à l’âge de 15 ans et à sa première compétition internationale un an plus tard. Les Jeux du Commonwealth de 2002 lui donnent un aperçu de ce que l’avenir lui réserve, mais elle ne le saura que quatre ans plus tard. Si elle termine troisième à Manchester en Angleterre, elle grimpera rétroactivement sur la première marche du podium, les deux haltérophiles devant elle étant disqualifiées a posteriori pour dopage. Malgré tout, Christine est persuadée qu’on peut faire son chemin dans ce sport tout en restant propre.
Elle n’a que 18 ans lorsqu’elle participe à son premier championnat du monde en 2003, où elle finit 30e chez les 63 kilos, avant de terminer parmi le top 10 de 2006 (où elle est médaillée d’argent), de 2007, 2009, 2010 — (où, soit dit en passant elle remporte l’or et établi deux records) — et 2011. Elle remporte la médaille d’argent aux Jeux panaméricains de Rio en 2007.
Christine participe aux Jeux olympiques de Beijing (2008) où la NordCoréenne Pak Hyon-Suk la pousse hors du podium à la toute fin de la compétition, alors qu’elle était à une barre d’y arriver. Mais elle reprendra sa troisième place quand la Khazake Irina Nekrassova, qui était au deuxième rang, est disqualifiée pour dopage.
Le scénario se répète à Londres en 2012. Christine termine troisième de l’épreuve, et est à ce moment considérée la première médaillée olympique canadienne de l’Histoire. Cependant, on a découvert que les médaillées d’or et d’argent avaient pris des substances interdites et les deux athlètes furent déchues de leur médaille, offrant l’or sur un plateau d’argent à Christine.
Ça, c’est l’histoire simplifiée. En réalité, elle recevra ses médailles en 2018, au Centre national des arts à Ottawa, et si elle a bel et bien été la première médaillée olympique canadienne en haltérophilie, ce ne fut pas pour 2012, mais pour 2008!
Comme elle le souhaitait, Christine Girard a fait la preuve qu’on pouvait pratiquer l’haltérophilie et y connaître du succès sans avoir à aller chercher de l’aide chimique. Elle a mis toutes les chances de son côté en s’astreignant à un rythme de huit entraînements par semaine, en suivant un régime sévère fait de légumes et de protéines pour maintenir son poids, cultiver sa masse musculaire et sa force explosive, en prenant des bains de glace et en soignant son sommeil.
Cette attitude irréprochable a fait d’elle une candidate idéale pour le poste de chef de mission des Jeux panaméricains de Santiago du Chili en 2023. Elle désirait être là pour les athlètes et créer autour d’eux un environnement favorable.
Christine et son conjoint Walter Bailey, lui aussi un ancien haltérophile, ont fondé en
2012 un club d’haltérophilie à South Surrey, en Colombie-Britannique. Ils ont eu par la suite trois enfants en l’espace de quatre ans. Autrice du livre « De la défaite à la victoire » qui relate son histoire, Christine a été intronisée au Temple de la renommée olympique du Canada en 2019.