Elle doit donc, à 17 ans, réapprendre la vie. Le sport est venu une fois de plus à sa rescousse. On lui parle de course en fauteuil roulant, activité méconnue pour elle jusque-là. Un essai la convainc qu’elle vient de trouver là une nouvelle voie. Elle croise alors André Viger, qui deviendra l’un de ses guides, qui lui prête un fauteuil adapté à la course pour qu’elle amorce ses entraînements.
Ce qui était d’abord pour elle un nouveau loisir occupe rapidement une place de prédilection dans sa vie. Inspirée par ses mentors qui prennent le chemin des Jeux paralympiques de Barcelone (1992), entraînée par le grand spécialiste Jean Laroche, elle atteint les rangs de l’équipe nationale, à peine deux ans après ses débuts. Le monde s’ouvrait désormais à Diane. Elle participe à ses premiers Jeux paralympiques à Atlanta en 1996 dans la catégorie T54.
Les médailles tardent à venir, mais la vie a appris la patience et la résilience à l’athlète originaire de Notre-Dame-du-Lac, et après deux Jeux paralympiques, deux Championnats du monde et une présence aux Jeux du Commonwealth, elle remporte enfin deux médailles de bronze aux Jeux d’Athènes (2004), soit au 400 m et au 1 500 m.
C’est le début d’une longue série de succès. Entre 1996 et 2016, elle participe à six Jeux paralympiques consécutifs et y récolte cinq médailles, soit une d’argent et cinq de bronze. Elle est couronnée six fois championne du monde et participe à quatre Jeux du Commonwealth où elle ajoute une médaille d’or, une d’argent et une de bronze à sa collection.
Mais parmi tous ces événements d’envergure, une compétition a une place toute spéciale dans son cœur, le Défi sportif AlterGo. Elle en a été l’une des figures récurrentes depuis 1993, chaque fois que ses obligations internationales le lui permettaient. C’est pour elle un moment privilégié pour échanger avec les athlètes de la relève et devenir à son tour une figure d’influence dans leur vie. Son vœu le plus cher, faire de Montréal une destination incontournable pour le para-athlétisme.
Si ses meilleurs moments en piste ont été vécus aux Jeux paralympiques de Beijing (2008) avec sa récolte de trois médailles, son moment le plus émouvant est survenu dix ans plus tard aux Jeux du Commonwealth à Gold Coast (2018) en Australie. Son fils Émile, qui vaut à lui seul toutes les médailles du monde, accompagné de la sœur de l’athlète, était sur place pour voir sa mère remporter une médaille de bronze. Les célébrations furent certes plus émotives qu’à l’habitude!
La carrière de Diane Roy se décline en chiffres : nombre de participations aux grands événements, nombre de départs sur les différentes distances de 400 m, 800 m et 1 500 m, nombre de podiums atteints. Des chiffres auxquels il faut ajouter plus d’une centaine de marathons qui l’ont amenée à Boston, New York, au Japon, en Afrique du Sud, en Suisse. Mais son illustre carrière se décline surtout par les valeurs qui l’auront poussée à vaincre les obstacles et à se dépasser.