Mais cette arrivée avec les Draveurs ne fut pas sans douleur. Le contrat de deux ans signé en 1974 par Bergeron débute dans l’hostilité. Les amateurs pleurant le départ de l’entraîneur Claude Dolbec et les joueurs faisant la grève au premier jour! Michel Bergeron rencontre alors ses joueurs un à un et les persuade de tenter l’aventure avec lui. La grosse défaite qu’ils subissent au premier match est rapidement oubliée et Michel Bergeron deviendra un entraîneur marquant pour l’équipe et la ligue, remportant la Coupe du Président deux années consécutives (1978 et 1979).
Auréolé de ces succès, et d’un surnom que lui attribue le journaliste Marc Lachapelle, « le Tigre », l’entraîneur est à son tour recruté par Maurice Fillion, directeur général des Nordiques de Québec, pour devenir son entraîneur adjoint. Il y apporte sa fougue et son obsession de la victoire et, après six matchs, se voit confier le volant du club. Il y sera jusqu’en 1988, un séjour de huit ans qui aura marqué l’équipe et les esprits.
Sous sa gouverne, les Nordiques feront les séries éliminatoires pour la deuxième fois de leur histoire. Ils éliminent les Canadiens en première ronde et s’inclinent en finale de la conférence Prince-de-Galles devant les Islanders de New York qui remporteront éventuellement la Coupe Stanley.
En 1984, les deux équipes québécoises se retrouvent. Au sixième match de la première ronde, alors que les Nordiques risquent l’élimination, éclate la fameuse bataille du Vendredi saint. Deux bagarres, 198 minutes de pénalités combinées entre les deux équipes et dix joueurs expulsés par l’arbitre Bruce Hood. Les Canadiens remportent le match et la série.
À la fin de la saison 1987, Michel Bergeron est au cœur d’un échange entre Marcel Aubut et Phil Esposito, directeur général des Rangers, qui se cherche un nouvel entraîneur. L’échange est conclu et Bergeron aura fait partie de la seule transaction du genre dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH). Il reste deux ans à New York, puis reviendra retrouver son équipe favorite à Québec au début de la saison 1989-1990. Mais cette fois, le mariage n’est pas aussi heureux et le Tigre doit faire le dos rond. Après avoir dirigé plus de 600 matchs dans la LNH, Bergeron tire sa révérence et réoriente sa carrière vers les médias.
Michel Bergeron amorce sa carrière médiatique en 1989 comme chroniqueur à CKAC 730 AM, où il s’impose rapidement par son expertise et son franc-parler. Il apprend le métier d’analyste avec TQS où il remplace Mario Tremblay, puis à Radio-Canada où il prend le micro d’un autre Tremblay, Gilles celui-là. Il fera partie des émissions d’analyses les plus connues comme 110 % à TQS et l’Antichambre à RDS. Il se joint à TVA Sports en 2013. Avec Yvon Pedneault, il peut se vanter d’être le seul commentateur sportif à avoir fait le tour de toutes les stations télé.
Michel Bergeron célèbre ses 50 ans de métier, ses deux carrières confondues. Sa conjointe Michelle et ses quatre enfants auront toujours été à ses côtés, dans la victoire comme dans la défaite. Si le Tigre rugit aujourd’hui un peu moins fort, sa passion pour le hockey reste intacte, une passion qu’il a su transmettre aux téléspectateurs, mais surtout au millier de joueurs qu’il a dirigés durant sa carrière. Sans pouvoir tous les nommer, il se souvient de chacun d’entre eux. Et peut-être surtout d’un certain Alain Côté… dont Michel Bergeron vous dira que oui, son but du 28 avril 1987 contre les Canadiens de Montréal, était bon!