SASSINE, Henri

Naissance : 8 octobre 1940 en Égypte
Décès : 11 février 2024 à Laval
Intronisation : 2025
Discipline : Football
Catégorie : Bâtisseur
 
Quand on parle de destin improbable, on peut certes penser au cheminement de Raouf Henri Sassine. Né le 8 octobre 1940 en Égypte, c’est pourtant à Chibougamau au nord du Québec qu’il a tracé sa vie à la pointe de l’épée, du sabre et du fleuret. Le jeune immigrant de 25 ans y a déniché un poste d’éducateur physique et, très rapidement il a transformé sa terre d’accueil en terroir fertile pour sa passion, l’escrime, en offrant des cours aux jeunes du secondaire.

 

Il fonde le club Scaramouche et rapidement ses sabreurs commencent à écumer la scène internationale et, en 1982, ils connaissent des succès aux Jeux du Commonwealth et au Championnat du monde à Rome. À l’image de ses athlètes, Sassine s’illustre aussi en étant élu entraîneur de l’année lors du Gala du Mérite sportif québécois. Un an plus tard, un autre athlète d’Henri Sassine se distingue. Daniel Perreault est sacré champion du monde junior à Cuba et devient ainsi le premier escrimeur canadien à remporter un championnat de haut niveau.

 

Une quarantaine d’athlètes sont passés par le club Scaramouche, dont les frères Jean-Marie et Jean-Paul Banos, ainsi que Jacinthe Poirier, qui feront partie des olympiens formés par Sassine. Les Jeux olympiques d’Atlanta en 1996 ont certes été un moment marquant dans la carrière du maître d’armes qui réussit à qualifier quatre athlètes pour la compétition de sabre, alors exclusivement masculine. L’équipe canadienne de sabreurs était entièrement constituée de sabreurs issus de Chibougamau, un exploit pour une ville qui a atteint à peine quelques fois une population de 10 000 habitants.

 

Henri Sassine aura participé à cinq Jeux olympiques en tant qu’entraîneur de l’équipe canadienne, soit Los Angeles en 1984, Séoul en 1988, Barcelone en 1992, Atlanta bien sûr, et Rio en 2016. Et fait, peu commun pour un maître d’armes, il entraîne des athlètes dans les trois disciplines de l’escrime.

 

Sassine n’a pas que formé des athlètes à Chibougamau, il y a aussi rencontré l’amour en Claire Verreault, qui deviendra sa partenaire dans la vie et sur les pistes. Ils s’installent à Montréal en 1997 pour y poursuivre leur enseignement et, en 2000, Henri est embauché comme entraîneur à Winnipeg, où il passera trois ans à créer le programme d’escrime du Manitoba pendant que Claire devient coordonnatrice de l’élite de la Fédération d’Escrime du Québec.

 

Le couple a deux enfants, Sami et Sandra qui suivent Marie-Pascale, fille d’Henri issue d’une précédente union. Sandra a embrassé la passion de ses parents et, lorsqu’elle avait huit ans, son père lui avait promis de l’amener aux Jeux olympiques. La promesse fut tenue puisqu’elle se rendit aux Jeux de Beijing en 2008 et de Londres en 2012.
 

Henri Sassine a ensuite fondé le club d’escrime Cœur de lion du Collège Regina Assumpta où il a continué d’inspirer des athlètes en leur communiquant sa passion, comme ce fut le cas pour Maximilien Van Haaster et Pamela Brind’Amour, tous deux présents aux Jeux de Paris en 2024. Aujourd’hui, c’est Sandra qui a pris la relève, continuant là l’œuvre de ses parents.

Intronisé au Panthéon de l’escrime du Québec en 2005 à titre de bâtisseur, la vie d’Henri Sassine s’est déclinée en fentes, bottes, balestras, coupés, esquives, ripostes ou estocs jusqu’à ce qu’il donne un ultime salut le 11 février 2024. L’escrime canadienne doit beaucoup à cet homme d’exception.

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